Construire une stratégie RSE, c’est intégrer durablement les enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux au cœur du projet d’entreprise. Normes et référentiels (ISO 26000, ODD), outils d’analyse et de pilotage, accompagnement extérieur… autant de leviers pour définir un cap clair, structurer une feuille de route et éviter les écueils les plus fréquents. Bien pensée, une stratégie RSE devient un véritable moteur de performance, d’innovation et de résilience, capable de concilier impact positif et réussite économique.
Stratégie RSE : de quoi parle-t-on ?
Une stratégie, par définition, est l’art de concevoir un plan d’action coordonné pour atteindre un objectif. Lorsqu’on parle de stratégie RSE, il s’agit pour une entreprise d’intégrer dans sa vision et ses pratiques des préoccupations sociales, sociétales et environnementales, afin de contribuer activement au développement durable.
Pour structurer cette stratégie, plusieurs référentiels peuvent être mobilisés. Les plus connus sont la norme ISO 26000 et les Objectifs de Développement Durable (ODD) portés par l’ONU.
Des repères pour structurer son plan d’action
La norme ISO 26000, adoptée par plus de 90 pays, propose une grille de lecture autour de sept grands principes : gouvernance, droits de l’homme, conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, relations consommateurs, et développement local. Elle aide les organisations à identifier leurs enjeux prioritaires et à structurer un plan d’action de manière cohérente.
Les ODD, quant à eux, offrent une vision universelle des défis à relever pour un monde plus soutenable. Ils permettent aux entreprises de relier leurs actions locales à des enjeux globaux, en les adaptant à leur secteur, leur taille et leur niveau de maturité.
Pourquoi définir une stratégie RSE ?
Les motivations des dirigeants pour engager une démarche RSE sont multiples : répondre aux attentes des parties prenantes, anticiper les risques, se différencier sur leur marché ou encore renforcer l’attractivité de leur entreprise. Mais au-delà de ces raisons, une stratégie RSE bien pensée permet surtout de renforcer la résilience et la pérennité de l’organisation dans un contexte de transformation rapide.
Pour être efficace, cette stratégie doit reposer sur des objectifs clairs, structurés et alignés avec la réalité de l’entreprise. Elle s’articule généralement autour des trois grands piliers de la RSE :
- Environnemental : gestion des ressources, transition énergétique, réduction des impacts.
- Social : qualité de vie au travail, diversité, inclusion, santé et sécurité.
- Économique et gouvernance : éthique, transparence, ancrage territorial, résilience économique.
La formulation des objectifs peut s’appuyer sur des référentiels reconnus, tels que :
- La norme ISO 26000, qui identifie sept questions centrales pour structurer la démarche.
- Les Objectifs de Développement Durable (ODD), qui offrent une vision universelle des enjeux à adapter localement.
Chaque organisation doit traduire ces référentiels en fonction de son secteur, de sa taille, de ses parties prenantes et de son niveau de maturité. Par exemple, une entreprise industrielle aura des priorités environnementales fortes (gestion de l’eau, des déchets, de l’énergie), là où une société de services mettra davantage l’accent sur les enjeux sociaux ou de gouvernance.
À noter que d’autres référentiels existent. Certaines fédérations professionnelles proposent des référentiels adaptés au secteur de leur activité, appelé référentiel RSE sectoriel.
Des outils pour structurer et piloter sa stratégie
Pour éviter la dispersion et garantir la cohérence de la démarche, plusieurs outils peuvent être mobilisés :
- L’analyse SWOT (FFOM) pour identifier les forces, faiblesses, opportunités et menaces liées aux enjeux RSE.
- La matrice de matérialité, qui permet de hiérarchiser les enjeux selon leur importance stratégique.
- Des indicateurs extra-financiers pour mesurer les progrès.
- La définition d’une raison d’être, qui agit comme une boussole.
- La révision du modèle d’affaires pour intégrer les enjeux RSE.
- Des scénarios prospectifs pour anticiper les évolutions.
Ces outils permettent de construire une feuille de route réaliste, avec des étapes claires et des objectifs alignés avec la stratégie globale.
Intégrer la RSE dans la stratégie d’entreprise
La RSE ne doit pas être une démarche périphérique ou uniquement réglementaire. Lorsqu’elle est pleinement intégrée à la stratégie globale, elle devient un levier structurant. Elle éclaire les choix d’investissement, d’innovation, de gestion des ressources humaines et de positionnement sur les marchés.
Cette intégration permet d’aligner les engagements environnementaux, sociaux et éthiques avec les objectifs économiques. Elle renforce la cohérence du projet d’entreprise, améliore la résilience face aux risques, et accroît l’attractivité auprès des talents et des clients.