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CSRD : le nouveau standard européen du reporting de durabilité

Publié le 8 mars 2023
Mis à jour le 13 mars 2026

Bien au‑delà d’une obligation de publier, la CSRD installe un langage commun de la performance extra‑financière et aligne les décisions d’entreprise avec les enjeux de transition. Basée sur les ESRS et la double matérialité, elle exige d’identifier impacts, risques et opportunités, puis de documenter la trajectoire. Les seuils d’éligibilité resserrent le périmètre et un référentiel révisé arrive pour simplifier la mise en œuvre. Un levier pour sécuriser le financement, anticiper les risques et créer de la valeur durable.

13/03/2026 : Les informations ci-dessous peuvent évoluer en fonction des réglementations en cours. Nous suivons attentivement les mises à jour et actualiserons cet article dès que de nouvelles précisions seront disponibles.

Qu’est-ce que la CSRD ? Définition 

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) est une directive européenne dont le but est de promouvoir la transparence et la responsabilité sociétale des entreprises en Europe. Cette directive impose aux entreprises concernées de publier annuellement des informations sur leur performance extra-financière, c’est à dire en matière de durabilité, sur les impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance de leurs activités. Elle vient en remplacement de la directive européenne NFRD (Non Financial Reporting Directive), dont la transcription en droit français était la DPEF (Déclaration de performance extra-financière).

La CSRD se définit d’abord par des seuils d’éligibilité c’est-à-dire les seuils de chiffre d’affaires et/ou de taille d’effectif ou de total de bilan à partir desquels une entreprise devient éligible à la réglementation. Elle se définit ensuite par un cadre ou référentiel de normes de reporting en l’espèce les fameux ESRS au nombre de 12, 2 transverses et 10 thématiques.

CSRD définition

Qui est concerné ?

Le vote du parlement européen en décembre 2025 sur un accord provisoire avec le Conseil a permis de fixer les règles d’éligibilité des entreprises à la CSRD : « Seules les entreprises de l’UE comptant en moyenne plus de 1 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel net de plus de 450 millions d’euros seront tenues de présenter des rapports sociaux et environnementaux. Les règles s’appliqueront également aux entreprises de pays tiers dont le chiffre d’affaires net dans l’UE dépasse 450 millions d’euros, ainsi qu’à leurs succursales et filiales dont le chiffre d’affaires dans l’UE dépasse 200 millions d’euros »

S’agissant du référentiel ou cadre de norme, il est donc basé sur les ESRS (European Sustainability Reporting Standards) qui font l’objet d’une révision par l’EFRAG, organisme européen chargé de préparer les normes européennes de durabilité, utilisées dans la directive CSRD. Ces normes révisées ont été proposées en fin d’année 2025 sous la forme d’un avis technique qui doit ensuite faire l’objet d’un acte délégué courant 2026 pour entrer définitivement en vigueur.

Quel est le calendrier d’application ?

Ce calendrier a beaucoup évolué et reste encore indicatif mais il faut retenir que :

  • Les entreprises dites de la vague 1 (entreprises publiques cotées) ont déjà publié leur premier rapport de durabilité CSRD en 2025 et portant sur l’exercice 2024 (sur la base d’un référentiel allégé via la directive « quick fix »). Elles devraient normalement, en fonction du calendrier juridique, être en mesure de publier leur rapport sur une base de normes révisées et simplifiées en 2027 pour l’exercice 2026.
  • Les entreprises dites de la vague 2 auront, sous réserve de leur éligibilité (voir ci-dessus), à publier leur premier rapport en 2028 sur la base de l’exercice 2027 sur la base des normes révisées,

Quel est le contenu de la CSRD ?

Le reporting CSRD repose sur 2 piliers importants en termes de contenus : les ESRS et l’analyse de double matérialité.

  1. Les ESRS :

Les ESRS fournissent un cadre structuré permettant aux entreprises de divulguer leurs impacts, risques et opportunités en matière environnementale, sociale et de gouvernance (ESG). Ces normes permettent la comparabilité et la cohérence des informations publiées entre entreprises et offrent un cadre commun aux investisseurs et aux parties prenantes internes et externes (salariés, clients, fournisseurs, collectivités, etc.) afin de mieux comprendre les risques et les opportunités liés à la durabilité, et de prendre des décisions d’investissement plus informées pour atteindre les objectifs de transition.

Comme évoqué plus haut, les ESRS ont récemment fait l’objet d’un avis technique de la part de l’EFRAG en vue de leur simplification pour les futurs rapports de durabilité des entreprises éligibles à la CSRD.

  2. L’analyse de double matérialité

L’analyse de la double matérialité est un point central du reporting de durabilité. Elle permet d’évaluer la matérialité d’un enjeu de durabilité du point de vue de l'impact de l’entreprise sur son environnement extérieur et notamment ses parties prenantes. Elle permet « dans l’autre sens » d’évaluer d’un point de vue financier les risques et opportunités en termes de durabilité auxquels l’entreprise peut être exposée.

Un exemple simple sur le climat est la mesure des impacts des émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise sur le climat (matérialité d’impact) et les risques qu’un phénomène météorologique extrême du au dérèglement climatique peut faire subir aux activités de l’entreprise (matérialité financière).

Cette analyse conditionnera les exigences de collecte et de publication de données (quantitatives ou narratives) du futur rapport de durabilité de l’entreprise.

Qu’est-ce que la notion de matérialité ?

Ce terme, dérivé de l’anglais « material » a une signification particulière qui pourrait être traduite en français par « importance » ou « significativité ». En tout état de cause, la matérialité d’impact ou la matérialité financière d’un enjeu est le fruit de l’Analyse de Double Matérialité et fait l’objet d’une évaluation méthodologique :

- Par exemple, l’importance d’un impact négatif se juge selon sa gravité (ampleur, étendue, caractère irrémédiable) et, pour un impact potentiel, selon sa gravité et probabilité. En termes de matérialité financière l’enjeu génère ou pourrait raisonnablement générer des effets financiers matériels (sur la performance financière, les flux de trésorerie, l’accès au financement, le coût du capital). L’évaluation combine probabilité d’occurrence et d’ampleur des effets.

S’agissant ensuite du reporting proprement dit dans le cadre de la CSRD, « une information est matérielle lorsque son omission, son inexactitude ou son occultation peut raisonnablement être considérée comme susceptible d’influencer :
(a) les décisions que les utilisateurs principaux des rapports financiers à usage général prennent sur la base de ces rapports — y compris les états financiers et la déclaration de durabilité — concernant l’allocation de ressources à l’entreprise ; ou
(b) les décisions, y compris les évaluations éclairées, que d’autres utilisateurs des déclarations de durabilité à “usage général” prennent sur la base de la déclaration de durabilité concernant les impacts, risques et opportunités significatifs de l’entreprise, ainsi que la manière dont elle les gère. », selon l’EFRAG.

Pour approfondir cette notion, consultez notre article consacré à l’Analyse de Double Matérialité.

La définition de la CSRD en résumé :

  • La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) est une réglementation européenne qui vise à d’améliorer la transparence et la responsabilité environnementale et sociale des entreprises.
  • Elle exige des grandes entreprises opérant dans l’Union Européenne de publier des informations sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance.
  • La CSRD vise à encourager les entreprises à intégrer les considérations de durabilité dans leur stratégie et leur gestion quotidienne, en les incitant à réduire leurs risques et à saisir les opportunités liées à la durabilité.

Olivier Lerner, Consultant Stratégie RSE et Bilan carbone