En 2025, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) franchit un cap stratégique. L’étude menée par Orseo met en lumière une transformation profonde des attentes et des pratiques : les entreprises, et particulièrement les PME et ETI, ne peuvent plus se contenter d’engagements symboliques. Elles doivent désormais intégrer des actions durables et mesurables au cœur de leur modèle.
Une RSE en mutation : huit tendances clés
Huit grandes tendances structurent cette évolution :
- Directive CSRD : Des chamboulements et des incertitudes réglementaires forcent les entreprises à rester en veille et à rester pragmatiques face aux politiques internationales, européennes et nationales.
- Économie circulaire et sobriété numérique : ces piliers deviennent incontournables pour réduire l’impact environnemental et optimiser les ressources. Les PME doivent repenser leurs processus pour limiter le gaspillage et la consommation énergétique.
- Alignement avec les limites planétaires : les entreprises sont incitées à évaluer leur empreinte écologique globale et à ajuster leurs objectifs pour rester dans un cadre durable.
- Inclusion et diversité : une exigence organisationnelle qui intègre les diversités générationnelles, culturelles et neurodivergentes, favorisant un environnement de travail plus équitable.
- Résilience face aux dérèglements climatiques : anticiper les risques liés aux crises environnementales devient une priorité stratégique.
- Accélération de la transition énergétique : investir dans des solutions bas carbone et des énergies renouvelables est désormais incontournable.
- Co-construction avec les parties prenantes : impliquer clients, fournisseurs et collaborateurs dans la définition des objectifs RSE renforce la crédibilité des actions.
- Adoption d’une IA responsable : garantir une utilisation éthique et transparente des technologies pour éviter les biais et respecter la confidentialité.
Ces tendances révèlent une RSE plus exigeante, plus intégrée, et surtout plus stratégique. Elles posent les bases d’un déploiement efficace, à condition d’être anticipées et structurées avec méthode.
Les 3 principales erreurs à éviter
Pour réussir la mise en œuvre d’une démarche RSE, il est essentiel d’éviter quelques erreurs fréquentes qui peuvent freiner la mise en place de certaines actions et donc l’enthousiasme des équipes.
- Adopter une approche fondée uniquement sur l’image que la stratégie peut renvoyer en externe, souvent qualifiée de greenwashing : l’entreprise communique sur des engagements sans les concrétiser. Une étude de l’ADEME révèle que 1 entreprise sur 5 pratiquant la RSE communique de manière trompeuse sur ses engagements environnementaux.
- Éviter de définir des objectifs trop vagues ou irréalistes. En effet, certains objectifs peuvent risquer de démobiliser les équipes qui souhaitaient initialement s’engager et de décrédibiliser le travail mené en amont.
- Négliger l’implication des collaborateurs et ne pas répartir les sujets en interne. Une démarche RSE ne peut pas reposer sur une seule personne, cela risque de freiner l’appropriation et l’embarquement des équipes.
Une démarche RSE réussie repose sur la cohérence, l’engagement collectif et une stratégie bien intégrée à la culture de l’entreprise.
Les facteurs clés de réussite
Pour qu’une démarche RSE soit réellement efficace et durable, il est essentiel de prendre en compte plusieurs éléments :
- Structurer la gouvernance.
Cela implique de désigner des responsables clairs par sujet, comme un référent RSE ou un comité dédié, et d’intégrer les enjeux sociétaux et environnementaux dans les instances stratégiques de l’entreprise. Une gouvernance bien définie permet de piloter les actions avec cohérence et d’assurer leur réalisation.
- Planifier.
La planification joue un rôle fondamental : elle permet d’intégrer les actions RSE au calendrier stratégique déjà existant dans l’entreprise. Dans cette optique, la feuille de route intégrant des objectifs mesurables, et des indicateurs de suivi pour évaluer les progrès, est un outil clé. Sans planification, la démarche RSE risque de s’essouffler rapidement.
- Communiquer.
La communication est également un levier indispensable. Elle doit être transparente et régulière, afin de valoriser les engagements pris. En effet, une communication basée sur des faits réels permet également de mobiliser les parties prenantes et d’éviter les accusations de greenwashing évoquées en amont.
- Sensibiliser.
La sensibilisation des collaborateurs est cruciale pour ancrer la RSE dans la culture d’entreprise. Cela passe par des formations, des ateliers participatifs, et l’implication des salariés dans des projets concrets.
Outils pour déployer efficacement une démarche RSE
Afin de faciliter le déploiement d’une démarche RSE cohérente et efficace, plusieurs outils méthodologiques peuvent être mobilisés. Chacun de ces outils répond à un objectif spécifique et doit être adapté aux caractéristiques propres de l’entreprise.
- Le schéma de gouvernance : permet de cartographier l’ensemble des instances existantes au sein de l’organisation (comités, directions, groupes de travail…) et d’identifier celles qui pourraient être créées pour renforcer la gouvernance RSE. Ce schéma vise à clarifier les rôles et responsabilités de chaque instance, à visualiser les interactions entre elles, et à déterminer les moyens pour y intégrer les enjeux RSE dans l’écosystème de l’entreprise.
- La cartographie des parties prenantes : consiste à recenser, catégoriser et hiérarchiser l’ensemble des acteurs internes et externes ayant une influence ou étant impactés par les activités de l’entreprise. Cette cartographie permet de mieux comprendre la nature des relations entretenues avec chaque partie prenante (clients, fournisseurs, salariés, collectivités…), d’évaluer leur niveau d’importance, et d’anticiper leurs attentes.
- Le plan de communication : un outil clé pour assurer la diffusion et la valorisation des actions RSE. Il permet de définir les messages à transmettre et les canaux de communication à utiliser (réseaux sociaux, rapports, événements…) pour chaque typologie de parties prenantes. Ce plan favorise la transparence des actions, et peut prévenir des risques de greenwashing en assurant une communication fondée sur des résultats concrets.
Ces outils sont particulièrement utiles pour les PME, qui doivent concilier ambition RSE et ressources limitées.