Série Evolution de la CSRD : chapitre 2
Septembre 2024
Ça y est, nous sommes plongés dans cette nouvelle réglementation : la CSRD. On en a beaucoup parlé l’an dernier et depuis 9 mois maintenant, c'est une réalité dans les entreprises. Il y a celles dites « matures » qui avaient déjà une démarche RSE depuis plusieurs voire de nombreuses années, et puis il y a celles pour qui les sujets de durabilité sont nouveaux et importés par cette nouvelle réglementation.
On a voulu s’intéresser à ce qui change dans les organisations depuis le 1er janvier 2024 :
- Comment les entreprises s’adaptent-elles à cette bascule d’une approche volontaire à une approche réglementaire ?
- Quelles sont les conséquences et les principaux changements au sein d’une organisation pour se conformer ?
Voici donc une synthèse des constats que nous avons pu faire dans l’accompagnement de nos différents clients.
Tout d’abord, ce qui ne change pas par rapport à une démarche RSE volontaire :
L’importance de l’implication des dirigeants dans la CSRD
Comme pour une démarche RSE volontaire, la compréhension et le soutien positif des dirigeants est nécessaire pour que ce sujet éminemment transverse puisse être considéré comme stratégique dans l’entreprise. Si les dirigeants perçoivent la RSE comme « un supplément d’âme », la CSRD comme de simples tableaux de reporting à remonter, ou pire, un sujet à contourner, vous allez au-devant de grandes difficultés. En effet, comme pour une démarche volontaire, il est indispensable que le top management ait bien perçu les tenants et aboutissants et ait pris la mesure du lien avec la stratégie et les choix de l’entreprise (carbone, RH, achats…).
Ces derniers mois, nous avons animé chez nos clients des temps de formation / sensibilisation des codir, comex à la CSRD pour les synchroniser sur le sujet, y compris dans des entreprises déjà très engagées sur ces sujets.
Cela est particulièrement utile, car derrière cette réglementation, c'est l’intention de mettre l’extra-financier au niveau du financier et donc toutes ces conséquences qu’il est important de comprendre.
Allouer les ressources nécessaires pour réussir la transition CSRD
Pour qu’une démarche de durabilité fonctionne, il est indispensable d’y consacrer des ressources (temps internes, conseils/études, investissements…). Ça ne change pas avec la CSRD, cela s’accroit même, en tout cas les premières années, le temps de faire l’indispensable travail de structuration (chaine de valeur, matrice de double matérialité, premier reporting…). Ainsi le sujet ne peut être mis dans les mains de quelqu’un ou quelques-uns, en plus de leur poste qui travailleront cela à leurs heures perdues…
Souvent pas suffisamment anticipée en 2024, il apparait comme nécessaire d’intégrer dans les budgets et dans les plans de charges le travail nécessaire pour la mise en place de la CSRD conjointement avec les sujets RSE déjà en cours au sein des entreprises qu’il convient de poursuivre. Des arbitrages seront probablement nécessaires si les augmentations de budgets ne sont pas envisageables.