Face aux évolutions rapides du paysage réglementaire, les entreprises de taille intermédiaire ont désormais un référentiel adapté à leurs ambitions : le SRS mid-caps. Moins contraignant que la CSRD mais plus complet que la VSME, il offre un cadre clair pour structurer son reporting et valoriser sa démarche RSE. On vous guide pas à pas.
Les étapes pour se préparer à la norme SRS Mid-Caps — La méthode de l'Agence Déclic
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est en ordre de marche depuis janvier 2024. Elle a depuis évolué en termes d’éligibilité et de référentiel. Les critères d’applicabilité ont été modifiés et votés en décembre 2025, excluant de fait de nombreuses entreprises de l’obligation de s’y conformer ou décalant de deux ans l’obligation de reporting.
Pour ces entreprises, comme pour les PME/TPE de manière générale, la norme VSME devient le référentiel de reporting extra-financier. Mais cette norme peut être jugée par certaines ETI comme trop restrictive compte tenu de leurs ambitions en termes de durabilité et des politiques RSE déjà déployées. Par ailleurs, certaines d’entre elles, auparavant éligibles à la CSRD, souhaitent capitaliser sur les travaux déjà réalisés avant que les critères d’applicabilité soient revus à la hausse.
Le besoin d’un référentiel intermédiaire s’imposait donc et c’est à ce besoin que le projet Sustainability Reporting Standard (SRS) Mid-Caps vient proposer de répondre.
Pour rappel, et en quelques mots, il se positionne entre la CSRD et la VSME avec une méthodologie articulée sur l’analyse de double matérialité, mais avec une liste d’enjeux sur 7 chapitres et environ 170 points de données à reporter, ce qui reste inférieur à la CSRD révisée. Rappelons enfin que ce référentiel est volontaire et n’est pas aujourd’hui officiel, c’est-à-dire qu’il n’est pas porté par l’organisme en charge de la définition des normes de durabilité européennes, l’EFRAG. Il est le fruit d’un travail de plusieurs acteurs de la durabilité en Europe (ETI, plateformes ESG, consultants, acteurs de la finance…), regroupés au sein du collectif #WeAreEurope, avec la volonté commune de construire un cadre de reporting référent et adapté aux Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI).
Étape 1 : Établir un état des lieux de l’avancement de l’entreprise
Il faut d’abord s’interroger sur la pertinence d’un tel cadre pour une organisation et notamment à la lumière de sa maturité RSE. L’entreprise peut avoir initié une démarche de structuration RSE ou non. Les cas de figure sont multiples :
Cas n°1 : aucune démarche RSE existante
Sans démarche RSE existante, une première étape est sans doute d’utiliser dans un premier temps le référentiel VSME pour amorcer la démarche et basculer ensuite (selon la taille de l’organisation) sur le référentiel Mid-Caps, plus complet.
Cas n°2 : une démarche déjà structurée
Si l’entreprise a déjà formalisé sa feuille de route et construit un tableau de bord de suivi d’indicateurs (sous VSME notamment), elle peut s’interroger sur la pertinence de basculer sur un cadre plus riche lui permettant une conduite plus fine de ses ambitions RSE.
Sur les deux cas de figure, il est important de rappeler que les points de données du référentiel SRS Mid-Caps couvrent 100 % des points de données exigés par la VSME.
Cas n°3 : une double matérialité déjà réalisée
Enfin, certaines entreprises ont entrepris voire finalisé une analyse de double matérialité ayant potentiellement abouti à une analyse d’écart et à des premières collectes de données. C’est notamment le cas des entreprises de la vague 2 de la CSRD, initialement éligibles et finalement libérées de la réglementation par la directive Omnibus. Ce travail n’est évidemment pas perdu et peut être mis à profit sur ce référentiel.
Étape 2 : Évaluer la pertinence du cadre de reporting
Cet état des lieux s’accompagne d’une évaluation du référentiel autour de quatre sujets clés :
1. L’adéquation aux attentes des parties prenantes
Le référentiel répond-il aux attentes de mes parties prenantes externes parmi lesquelles mes interlocuteurs financiers (actionnaires, banques…) et opérationnels (clients notamment).
2. L’adéquation au pilotage de la feuille de route RSE
Le référentiel est-il un outil de structuration, de pilotage et de valorisation de ma démarche RSE à ma disposition sur plusieurs années / exercices. Est-il suffisamment complet pour refléter mes enjeux RSE et leur complexité.
Sur ce point particulier, dans le cas où l’entreprise envisagerai de déporter son suivi RSE sur une plateforme externe, le référentiel SRS mid-caps a été intégré à plus d’une vingtaine d’entre elles en Europe dont notamment Haatch, SAMI, Zei, Greenly…
3. L’adéquation aux exigences stratégiques
Le référentiel et notamment la méthodologie qu’il induit permet-il de conduire et revisiter une analyse stratégique de durabilité à intervalles réguliers. Notamment via l’analyse de la chaîne de valeur, du ou des modèles d’affaires de l’organisation et surtout via l’analyse de double matérialité qui reste centrale dans le référentiel SRS mid-caps comme pour la CSRD.
4. L’alignement avec les objectifs de labellisation
Le référentiel va-t-il faciliter ou contribuer à l’obtention par l’entreprise de labels ou certifications qu’elle serait désireuse de viser à court ou moyen terme.
Rappelons que le groupe de travail qui a élaboré ce référentiel a adopté dès le départ une logique d’interopérabilité, s’appuyant sur des cadres existants tels que le projet ESRS, Ecovadis, les questionnaires aux investisseurs, le GRI et d’autres, afin d’extraire des divulgations pertinentes adaptées aux besoins des entreprises de taille moyenne.
Étape 3 : Réaliser l’analyse de double matérialité
L’analyse de double matérialité reste l’élément central du référentiel SRS mid-caps. Elle en est même le point de départ. L’analyse de la double matérialité est présentée par le Groupe de travail #WeAreEurope comme une boussole pour identifier les sujets de reporting pertinents.
Cette analyse s’appuiera sur la formalisation du modèle d’affaires de l’organisation (périmètre organisationnel et géographique, ressources, valeurs créées), l’analyse de la chaîne de valeur et la cartographie des parties prenantes externes impliquées dans les activités de l’entreprise.
L’analyse de double matérialité peut ensuite être menée soit par une approche globale par enjeu (et qualifiée de top-down), soit par l’identification d’impacts, risques et opportunités individuellement identifiés sur des enjeux spécifiques (approche qualifiée de bottom-up). Les 2 approches peuvent être combinées. Voir pour cela notre article sur l’analyse de double matérialité.
L’analyse permettra d’identifier les sujets matériels sur les 7 chapitres identifiés par le référentiel :
- climat
- pollution
- eau
- biodiversité
- ressources / économie circulaire
- social
- gouvernance & relations parties prenantes
Pour rappel l’analyse de double matérialité repose sur :
- une matérialité d’impact (impact de l’entreprise sur l’environnement et la société),
- une matérialité financière (risques et opportunités ESG pour l’entreprise).
Seuls des sujets considérés comme matériel devront faire l’objet d’un reporting
Étape 4 : Cartographier les données à collecter
Une fois l’analyse de double matérialité finalisée, l’organisation peut conduire une analyse d’écart entre :
- les données demandées par le référentiel,
- les données déjà disponibles en interne.
L’entreprise devra déterminer :
- les sources internes responsables de collecter les données,
- les processus de collecte,
- les processus de contrôle interne.
Le référentiel comprend environ 170 points de données.
La publication
Une fois réalisées, ces quatre étapes, votre organisation devrait être prête à rédiger et à publier son reporting de durabilité sur la base du référentiel SRS Mid-Caps.
L’Agence Déclic, cabinet de conseil et de formation en durabilité, vous accompagne sur le cadre SRS Mid-Caps : modèle d’affaires, conduite de l’analyse de double matérialité, aide à la rédaction du rapport.