La chaîne de valeur, de la conception à la fin de vie, relie opérations, fournisseurs, distributeurs et usages. Pilier important de la RSE, elle structure l’analyse des impacts, risques et opportunités, du scope 3 aux exigences de diligence raisonnable (ISO 26000). Définie par les ESRS de l’EFRAG, elle devient le socle de la double matérialité et du reporting CSRD. Voici comment en poser les contours et en tracer la cartographie.
Qu’est ce que la « chaîne de valeur » (définition et périmètre)
La notion de chaîne de valeur n’est pas nouvelle dans le domaine de la RSE et en est un des principes fondamentaux.
La RSE peut en effet se définir comme une responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts des décisions et activités sur la société et l’environnement, ce qui implique de couvrir l’ensemble du cycle de vie et des relations d’affaires (amont/aval) notamment par la prise en compte des intérêts des parties prenantes.
La chaîne de valeur est par ailleurs à la base de la notion de cycle de vie des produits d’une entreprise et elle est centrale dans l’évaluation des empreintes carbone des entreprises via le scope 3 amont et aval. Elle est d’ailleurs formalisée dans la méthodologie Bilan Carbone ® par la cartographie des flux.
La chaîne de valeur est notamment présentée par la norme ISO 26 000 dans le cadre de la diligence raisonnable soit le processus pour identifier les impacts négatifs réels ou potentiels sur tout le cycle de vie d’un projet ou activité, afin d’éviter ou d’atténuer ces impacts. La norme traite explicitement de la chaîne de valeur / chaîne d’approvisionnement, de la sphère d’influence et de l’engagement des parties prenantes (cœur du dispositif).
L’EFRAG, organisme en charge de l’établissement des normes de reporting de durabilité en Europe (CSRD, VSME) en donne la définition suivante :
Définition ESRS (Annexe 2 du Règlement délégué 2023/2772)
« La chaîne de valeur est l’ensemble des activités, ressources et relations liées au modèle économique de l’entité et à l’environnement externe dans lequel elle opère […], depuis la conception jusqu’à la livraison, la consommation et la fin de vie, incluant les opérations propres, les acteurs en amont (fournisseurs) et en aval (distributeurs, clients, utilisateurs finaux), ainsi que les environnements financier, géographique, géopolitique et réglementaire. »
Pourquoi la Chaîne de valeur est-elle centrale dans le référentiel CSRD ?
Dans de nombreux cas, les impacts, risques et opportunités (IRO) d’une entreprise peuvent se situer hors du périmètre opérationnel direct de l’organisation - chez des fournisseurs, dans les usages ou la fin de vie des produits - d’où l’obligation d’étendre l’information au-delà des seules opérations gérées en direct par l’entreprise (« own operations ») lorsque la matérialité l’exige.
L’analyse et la formalisation de la chaîne de valeur est donc un exercice indispensable pour les entreprises désireuse de structurer une démarche RSE et de construire un reporting extra-financier, réglementaire ou volontaire.
Comment la formaliser ?
Les normes ESRS de la CSRD imposent une description structurée de la chaîne de valeur et de la position de l’entreprise dans cette chaîne, incluant les principaux acteurs (fournisseurs clés, canaux de distribution, clients/utilisateurs finaux) et leurs relations avec l’entreprise.
Les principales étapes de cette structuration peuvent prendre la forme d’une cartographie de la chaîne de valeur avec :
- Le périmètre et le positionnement de l’organisation dans la chaîne de valeur,
- L’intégration de l’amont : catégories de fournisseurs clés / régions / matières / services critiques
- L’intégration de l’aval : canaux de distribution / types de clients / usages / fin de vie
- L’identification des zones géographiques, flux physiques et financiers, et des « hotspots » par type d’impact, géographie et acteur impliqué : cela revient à positionner les IRO ou enjeux matériels dans la chaîne de valeur.