Nous avons coutume de dire à nos clients que 80% de la performance d’un achat se situe dans la préparation. C’est pourquoi, le projet du Marché Global de Performance de Pays de Châteaugiron Communauté a été mûrement réfléchi. Nous vous en parlions ICI.

Après les indispensables réflexions, place à l’action !

La seconde partie de l’aventure MGP pouvait commencer, avec un sacré défi à relever :

Comment transformer le besoin en DCE (Dossier de Consultation des Entreprises), sans perdre la philosophie issue des réflexions amont ?

L’estimation étant inférieure au seuil de la procédure formalisée, le MGP sera un MAPA (Marché à Procédure Adaptée), avec une idée directrice forte : créer les conditions, dès la phase de consultation, de co-construction de la meilleure offre possible, en collaboration avec les candidats.

La solution mise en œuvre fût donc un MAPA dit restreint, librement inspiré de la procédure du Dialogue Compétitif. En clair, il allait se dérouler en 2 phases ; une phase candidature et une phase offre et la solution finale serait construite avec les équipes sélectionnées grâce à 3 tours d’audition des équipes et des offres remises au fur et à mesure du dialogue ainsi instauré. Tout cela, s’étalant sur une durée de 6 mois.

Les élus et les services, très conscients de l’investissement nécessaire en phase offre pour les entreprises qui répondent, ont souhaité que les candidats soient indemnisés à hauteur de 10 000 € chacun.

Le résultat de ce travail collaboratif fût à la hauteur de l’engagement de l’équipe projet (élus et services) et des moyens mis en œuvre (assistance à maîtrise d’ouvrage) : les différents groupements d’entreprises ont relevé le défi et ont immédiatement compris l’intérêt de participer à ce type de consultation : en effet, outre l’aspect commercial, ils ont compris que ce nouveau process de contractualisation allait leur permettre de réinterroger leurs pratiques, tant au niveau technique, organisationnel, que commercial.

Les candidats ont su participer activement et intelligemment aux échanges nourris entre les différentes phases pour préciser et améliorer leur offre, proposer des solutions innovantes ; ils ont expérimenté les auditions, plus souvent dévolues aux marchés de services. Pour cela, 2 formes principales de groupement se sont présentées : d’un côté l’intégration d’un bureau d’études externe au mandataire, de l’autre une ingénierie interne. Conformément au DCE, tous les mandataires (VRD) ont répondu avec des partenaires compétents en signalisation et en espaces verts.

Cette réussite est principalement due à 3 facteurs :

  • Le choix de la procédure de dialogue : les échanges lors des auditions ont permis aux élus de faire passer la philosophie dans laquelle ils souhaitaient travailler et ont créé un climat de confiance propice à l’amélioration continue des offres ;
  • L’exigence portée par le Maître d’Ouvrage quant au détail et à la qualité des réponses attendues, attente satisfaite par tous les candidats ;
  • La posture des entreprises, qui ont compris le sens attendu de l’innovation, celle du service, et non de la technique. Les attentes des élus se situent en effet ici, car ils sont convaincus de la qualité de l’ingénierie du secteur du BTP (ce n’est pour eux pas une question). Même si le changement de paradigme est encore incomplet, il est important de souligner le virage que la profession commence à prendre.

Le troisième volet, la mise en œuvre de ce MGP, s’ouvre aujourd’hui pour le Pays de Châteaugiron Communauté, le vécu viendra t’il confirmer ce bon début ? L’avenir nous le dira.

Si c’était à refaire, qu’est-ce que l’on changerait ?

Comme il s’agit du premier MGP sur ce type de prestation, le maître d’ouvrage a interrogé certains candidats sur la façon dont ils avaient vécu la procédure. Tous ont souligné le plaisir qu’ils ont eu à répondre et ont évoqué les points d’amélioration suivants :

  • Augmenter de quelques jours les délais entre les différentes auditions et réponses aux questions ;
  • Apporter encore plus de précisions sur les données techniques d’entrée (plans topographiques par exemple) ;
  • Réévaluer légèrement l’indemnité due aux candidats retenus pour la phase offre.

Le PCC rejoint les entreprises sur leurs retours d’expérience et les partagera avec les collectivités qui souhaitent se lancer dans ce type de procédure, et avec la Fédération Nationale des Travaux Publics, afin que les prochains MGP soient encore meilleurs, dans l’intérêt de tous les acteurs des territoires.

Au prochain (et dernier) épisode, nous vous partagerons d’autres regards sur cette expérience et un outil intéressant.

 

 

Partager